Two France Magazine

L'ENA prépare sa révolution 

Source: le Figaro
Date: 26/06/2013
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Nathalie Loiseau, nouveau directeur de l’ENA, est certainement pleine de bonnes intentions, mais pour elle c’est mission impossible et cela pour une raison simple: Il est mauvais pour ce pays que la plupart des haut-fonctionnaires et dirigeant du public et parapublic sortent de la même école. Ce n’est pas par hasard qu’en dehors de France l’ENA est souvent surnommé le « Grand Séminaire ». Dans un monde de la complexité seule la diversité des formations et des expériences peut amener un progrès. Il n’y a pas d’autre solution raisonnable que de fermer cette école et que les cadres de demain viennent de l’immense diversité de formations et d’expériences qui existent en France. Ne pas voir que l’ENA n’est qu’une chapelle et ne peut que le rester montre à quel point cette école est sclérosée et totalement inadaptée au 21ème siècle. Il suffit en plus de regarder notre bible législative ou réglementaire, ou bien d’avoir été chômeur ou soumis au régime du RSA, d’avoir présenté un dossier de retraite pour comprendre à quel point notre administration a bien besoin d’être dirigée par des gens qui viennent d’ailleurs. Il y a aussi dans la conception de Nathalie Loiseau une conception de l’Etat typiquement française et héritée directement de Saint Augustin, de la Rome chrétienne et aussi de la tradition cléricale du pouvoir au sommet de l’état qui tient son pouvoir de Dieu : quand elle dit « "Mon choix de vie professionnelle, c'est le service de l'Etat. Je ne veux pas d'autre étiquette. Je ne suis pas une fonctionnaire de droite ou une fonctionnaire de gauche." Cela sous-entend une conception totalement archaïque de l’Etat et en plus totalement démentie par les faits. Il n’y a aucun système dans lequel la fonction est aussi politisée que le système public français. La déontologie et le sens du devoir social existe dans toutes les professions, d’autant mieux que dans la plupart des métiers vous êtes en permanence remise en cause par le système social qui vous entoure. Il est curieux que ce soit dans le système le plus corporatisme où le statut de la fonction public protégé de toute responsabilité individuelle et sociale, que l’on entende le plus ces affirmations. Il est vrai que « quand on ne sait pas faire il reste la parole ». L’éducation nationale et même la justice sont de parfaits exemples de ce phénomène. Aujourd’hui tout observateur honnête vois bien que le système d’éducation publique est un des plus inégalitaires au monde, celui dont les premières victimes sont les plus faibles. La lecture des débats depuis 30 ans au sein des syndicats de l’éducation nationale en est un parfait exemple. Partout il n’est question que de sens de l’état mais toutes les propositions, pressions et actes sont totalement corporatistes et entièrement dans l’intérêt matériel et médiocre de l’enseignant contre celui de l’élève. TWOFRANCE est en train de numériser un volume considérable de documents papiers et audio provenant des différents syndicats de la fonction publique au cours des 30 dernières années. Leur lecture en éclairera plus d’un de par le monde.
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